Le train rapide 2244 est parti de la gare de Sibiu avec trois minutes de retard. Le contrôleur avait parlé au mécanicien de la locomotive et ensemble ils avaient attendu Aurelian Gavrila. Les amis l’ont introduit dans le wagon, les pieds en avant. Dans une boîte de six planches, de sapin, clouée. C’est son dernier voyage. En arrière est restée la gare, eux sur le quai, et les deux rails, noirs et luisantes, couvertes de neige. >>>

   

DES DESTINS

Alina Andrei



 

Il ne m’a jamais été trop clair si les histoires étaient censées nous endormir ou au contraire, de nous tenir éveillés. Ma grand-mère, par exemple, se mettait à ronfler au beau milieu du combat entre Prâslea et le dragon. Finalement je m’endormais aussi, il est vrai un peu inquiet du sort du brave jeune homme, invariablement oublié enterré jusqu’à la taille. >>>

   

DES HISTOIRES

Voicu Bojan



 

Dans une pièce inlassablement déserte, pleine des trilles de l’oiseau en bois comme un violon éveillé, naît le jumelage d’où le jour se détache avec un nouveau film. Il s’agit de cette pellicule fine, noire, divinisée par les quelques élus. Je ne voudrais pas parler de ses ténèbres, des toiles que le noir tisse en nous, je voudrais plutôt laisser que ces images. >>>

   

L'OEIL MAGIQUE

Simona Dobre



 

Au-delà il y a un sentiment arraché du bleu,/ Une sensation qui respire lentement le temps glacé/ Une inspiration une expiration peut-être/ Lâchée dans l’air/ Peint/ Au-delà il y a un pas de novembre qui vague/ Sur les sentiers déjà battus par les insomnies/ Une brindille d’horloge regardé avec surprise dans/ Le miroir/ Au-delà loin demeurent des scènes retouchées >>>

   

AU-DELÀ

Rada Marin



 

Sur la fragilité d’une matinée rayée
Un beau jour, tu pourrais prendre une ligne, ceindre le midi ou n’importe quelle autre parcelle de temps. Les trancher ? Pas tout à fait, mais passer outre le temps, à travers le temps, en le priant gentiment de s’effacer, juste pour te voir, de la manière où tu demeureras pour les autres. Pour toi, tu ne demeureras pas. >>>

   

L'ÉPHÉMÈRE

Dan Iancu



 
Je ne veux pas vous ennuyer avec une riche biographie ou avec un résumé qui vous éblouisse. Tout est simple, comme il devrait l’être. Je vis à Sibiu dès 1973 et je coquette avec la photographie d’à l’âge de 11-12 ans. Je n’ai pas une carrière dans le domaine de la photographie (au fait je ne souhaite pas en avoir une) mais je crois que la photographie nourrit ma vie. >>>
   

AUTOPORTRAIT

Gicu Serban